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LEVÉE DE FONDS La start-up française Gojob a signé le 31 janvier 2018 une levée de fonds de 17 millions d’euros. Spécialisée dans la mise en relation entre entreprises et travailleurs intérimaires, la jeune pousse veut concurrencer les agences d’intérim traditionnelles. Grâce à l’intelligence artificielle, Gojob veut débusquer les compétences au-delà du CV.

La start-up Gojob, basée à Aix-en-Provence, a clôturé le mercredi 31 janvier 2018 une levée de fonds de 17 millions d’euros auprès de Breega Capital, Kois Invest et d’un pool bancaire. Avec ce nouveau financement, l’entreprise compte augmenter ses effectifs, étendre son enracinement en France et améliorer son algorithme. Spécialiste du travail temporaire, Gojob a développé une plateforme de mise en relation entre les travailleurs intérimaires et les entreprises.

2500 INTÉRIMAIRES SALARIÉS ET 500 ENTREPRISES INSCRITES

Lancée en avril 2015, la plateforme compte plus de 2500 intérimaires salariés et 500 entreprises inscrites, principalement des PME et des grands groupes, comme Caisse d’Epargne, Fnac, La Poste ou PSAPeugeot-Citroën… Gojob adresse tous les secteurs, de la logistique à l’événementiel.

“Nous assurons toute l’intermédiation qui est un peu la partie cachée de l’iceberg. 80 % du travail, c’est de gérer tous les flux, les relevés d’heures, les déclarations préalables à l’embauche, la facturation, l’édition du bulletin de paye… C’est une grosse machine de soutien administratif”, détaille à L’Usine Digitale Pascal Lorne, PDG de Gojob. En automatisant tous ces processus, la start-up assure être bien plus rapide qu’une agence d’intérim traditionnelle.

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, FUTUR CHASSEUR DE TÊTE

Grâce à cette levée de fonds, Gojob compte perfectionner son algorithme de matching qui associe les offres de mission des entreprises aux profils les plus adaptés de travailleurs temporaires. A l’avenir, la start-up compte exploiter l’intelligence artificielle pour mieux cerner les compétences des candidats.

“Etre ponctuel, savoir travailler en équipe, avoir une courbe d’apprentissage rapide… Ce sont des compétences demandées que l’on arrive moins bien à lire sur un CV, explique Pascal Lorne. Nous, on arrive à les détecter avec des algorithmes d’intelligence artificielle à travers une myriade de données qu’on récupère via nos prestataires et nos partenaires qui peuvent être Pôle Emploi, Facebook ou LinkedIn. Cela peut être le type d’activités qu’ils ont eues, la durée d’emploi ou la date de la dernière mission.”

UN MARCHÉ ESTIMÉ À 20 MILLIARDS D’EUROS

Gojob n’est pas tout seul sur ce secteur qui représenterait 20 milliards d’euros, selon Pascal Lorne. Mi-janvier, la start-up française StaffMe signait également une levée de fonds. Malgré tout, le PDG considère que les agences d’intérim traditionnelles sont ses premiers concurrents. “On est 100 % digital donc on est beaucoup plus rapides pour déployer une mission. On trouve des candidats en moins de 4 heures là où elles mettent généralement une journée. On est bien plus simples à utiliser pour une entreprise parce que sur un seul tableau de bord elle peut voir tous les Gojobbers”, fait valoir l’entrepreneur.

Par ailleurs, beaucoup de start-up ont selon lui le défaut de miser sur le freelancing et l’auto-entrepreneuriat : “On rencontre beaucoup d’entreprises qui marchent bien mais qui, à mon sens, sont dans un modèle assez précarisant parce qu’elles poussent les gens à être auto-entrepreneurs et ce n’est pas une solution sur du long terme.”

7 MILLIONS D’EUROS DE CHIFFRE D’AFFAIRES EN 2017

Le business model de Gojob repose sur le prélèvement d’une marge fixe de 10 % sur les contrats signés sur sa plateforme. Une marge facturée à l’entreprise et non au travailleur. En 2017, la start-up a enregistré un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros et elle espère le porter entre 20 et 30 millions en 2018.

Grâce à la levée de fonds, Gojob compte aussi renforcer son équipe en recrutant 20 personnes en 2018, notamment des ingénieurs, pour compléter les 30 salariés actuels. Les villes couvertes par la jeune pousse vont également passer de 35 à 50. En 2019, Gojob pourrait se déployer en Allemagne et au Royaume-Uni.

 

Catégories : Presse

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