Article paru dans l’édition régionale du journal Le Point le 8 juin 2017. Edition 2335.

Pascal Lorne a commencé sa carrière d’entrepreneur en 1998, avec Ismap, précurseur de Google Maps, qu’il revend quatre ans plus tard à Nokia. Puis il fonde Miyowa, première application mobile de messagerie instantanée qui a lancé Facebook Chat, avant d’être rachetée par l’américain Synchronoss en 2012. Puis le doute s’est installé.

Le Point : Aix comme vous ne l'avez jamais vue      Pascal Lorne a créé Gojob, qui permet de trouver un emploi en fonction de ses compétences et non de son CV.

« Je vendais des solutions pour mobiles et je n’arrêtais pas de dire à mes enfants de lâcher leur portable, cela n’avait plus de sens. » raconte celui qui, depuis, investit dans des projets à impact social, via le fonds éthique PhiTtrust.

Il soutient ainsi l’entreprise d’insertion La Varappe, des projets d’énergies renouvelables et sauve de l’expropriation la Croix-Rouge marseillaise en rachetant ses locaux.

« Mais qu’est-ce qui marche le plus mal en France ? L’emploi. J’ai vécu aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne. Là-bas, chacun est entrepreneur de sa propre vie. Ici, on s’arc-boute sur le CDI, la hiérarchie… »  Ainsi nait Gojob, que cet entrepreneur social présente désormais comme un « projet politique » puisque l’objectif est de « rendre la liberté aux individus et la flexibilité aux entreprises« .

Tel un BlablaCar de l’emploi – Gojob est d’ailleurs lancé en 2015 avec le soutien de Frédéric Mazzella (fondateur de BlablaCar), Jean-Baptiste Rudelle (président-directeur-général de Criteo) et Pierre Kosciusko-Morizet (co-créateur de PriceMinister) -, cette plateforme met en lien des entreprises et des intérimaires. Mais pas seulement : Gojob recrute elle-même des salariés, qui postulent ensuite à des missions d’intérim proposées pas des entreprises clientes.

« Grâce au numérique, les coûts de structure sont réduits et les intérimaires gagnent 5 à 10% de plus que dans les autres sociétés d’intérim« , affirme Pascal Lorne.

Autre innovation : les « gojobbers » sont notés à chaque mission.

« Ce sont les plus méritants qui ont le plus de chances d’accéder à l’emploi. Des personnes à qui on n’a jamais donné l’opportunité de se réaliser retrouvent ainsi de la motivation.« 

Gojob, qui compte une centaine d’entreprises clientes (Caisse d’Epargne, Vinci, Eiffage, La Poste, CMA-CGM, Vente-privée.com, Uber, Best Western…) a séduit deux nouveaux investisseurs (Breega Capital et Kois Invest) auprès desquels elle a levé 1,5 million d’euros en 2016. Elle compte passer de 500 000 à 1 million d’inscrits d’ici à la fin de l’année.

Article dans Le Point, signé IAN HANNING.

 

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